Archive mensuelles: mars 2015

Le baclofène dans le traitement du syndrome de la dépendance au cannabis

Bruce Imbert, Nathalie Labrune, Christophe Lancon, and Nicolas Simon
Résumé

Il existe peu d’études sur l’efficacité d’agents pharmacologiques dans le traitement des symptômes de sevrage ou dans la réduction des effets de renforcement du cannabis.

Le baclofène a été proposé afin de réduire les symptômes de sevrage ainsi que les effets subjectifs du cannabis.

Nous pensons que l’utilité clinique du baclofène pour la dépendance au cannabis représente une approche raisonnable.

Mots-clefs : dépendance au cannabis, baclofène, sevrage au cannabis

Introduction

Les études documentent de manière univoque la survenue du syndrome de dépendance en démontrant que le cannabis présente des propriété de renforcement chez les primates non humain, et l’abstinence engendre un sevrage chez l’humain [Tanda and Goldberg, 2003; Fattore et al. 2008].

Ce syndrome de sevrage peut durer de une à trois semaines après l’arrêt du cannabis [Budney and Hughes, 2006]. Le risque de rechute après une période d’abstinence est significatif [Perkonigg et al. 2008].

Haney et confrères ont démontré que la prise de Delta-9-THC semble améliorer sensiblement les symptômes du sevrage au cannabis et peut diminuer les effets physiologiques et subjectifs du sevrage [Haney et al. 2010].

D’autres traitements comme la clonidine et le rimonabant ont également engendré une baisse des effets physiologiques et subjectifs, mais aucun de ces traitements n’a réussi à  soigner la dépendance au cannabis et le comportement d’auto-administration [Hart, 2005].

Les études cliniques ont examiné les différentes options de soins et en dépit de leur limitations, elles suggèrent que le traitement du sevrage au cannabis peut améliorer la chance d’une abstinence prolongée.

Cependant, il n’existe pas de traitement pharmacologiques pour la gestion du syndrome de sevrage ou la prévention de la rechute chez les patients dépendant au cannabis et les recherches cliniques relatives aux récepteurs GABA-B demeurent justifiées selon Vandrey et Haney, 2009.

Le baclofène est une agoniste du récepteur GABA-B qui a été utilisé pour le sevrage et la prévention de la rechute pour la cocaïne et l’alcool [Addolorato et al. 2006; Shoptaw et al. 2003]. Sa sureté et sa tolérance ont été confirmées dans plusieurs études  [Addolorato et al. 2002; Stallings and Schrader, 2007], la faible probabilité d’abus du baclofène doivent être considérés comme un facteur important dans le traitement pharmacologique des addictions [Addolorato et al. 2000].

Peu de données sont disponibles concernant l’usage du baclofène dans le traitement de la dépendance au cannabis. Selon nos recherches, il n’existe qu’une seule étude clinique qui associe le baclofène avec le cannabis sous des conditions de laboratoire controlées [Haney et al. 2010].

Cette étude démontre que le baclofène diminue significativement les évaluations des états de ‘high’ et l’envie de cannabis.

Il existe également une étude de cas de six patients avec dépendance au cannabis et à la nicotine qui démontre qu’une dose standard de 40mg par jour de baclofène peut réduire les signes et symptômes du sevrage au cannabis et faciliter l’abstinence [Nanjayya et al. 2010].

Dans une étude récente, Lile et collègues suggèrent que le récepteur au GABA-B pourrait être impliqué dans les comportements relatifs à la prise de cannabis [Lile et al. 2012].

Ils soulignent que le baclofène peut améliorer les effets du delta-9-THC et diminuer certains des symptômes associés au sevrage du cannabis.

Nous émettons l’hypothèse que le baclofène peut s’avérer être un traitement efficace dans la réduction des symptômes du sevrage au cannabis et de l’envie de cannabis.

Informations sur l’article  :

Bruce Imbert, Nathalie Labrune, Christophe Lancon, and Nicolas Simon

Baclofen in the management of cannabis dependence syndrome,

Therapeutic  Advances in Psychopharmacology. 2014 Feb; 4(1): 50–52.